Voici une jolie histoire, qui nous rappelle que malgré le développement du pays et sa progressive modernisation, nous sommes toujours bien dans une Afrique où les traditions restent fortes et où la population veille à leur respect.
Ici la pendaison de crémaillère n'est pas juste une fête avec des amis. Non. Avant d'habiter un endroit et afin d'être sûrs que nous y vivrons bien, il faut chasser les mauvais esprits et appeler la bienveillance des bons sur le terrain, les constructions et ses habitants. L'idéal étant de procéder à cette cérémonie, nommée "tradiçao", avant de commencer à construire. Nous avons failli à cette coutume, par manque de temps et peut-être aussi, avouons-le, par scepticisme.
Mal nous en a pris! une série de mésaventures l'année dernière et lors de notre retour de France en mars, nous ont rappelées à nos devoirs vis à vis des esprits de cette terre. Nos employés aussi, fatigués de nous voir nous battre contre le mauvais sort, nous ont poussés à prendre le taureau par les cornes et à appeler un peu de protection sur nos vies.
La cérémonie doit rassembler le chef de la zone (qui a quelques fonctions administratives mais sutout connaît tous les habitants de la zone, leur histoire, la répartition et la transmission des terrains... une sorte de chef de tribu), le médecin traditionnel de la zone à qui il revient de parler aux esprits et une quinzaine d'autres personnes dont les fonctions ne nous sont pas tout à fait claires. Il est important de s'adresser aux bonnes personnes comme nous l'avons découvert au cours des démarches entreprises pour rassembler tout ce petit monde chez nous: lors de la construction, des restes humains (un fémur et une hanche) ont été déterrés et nous avons fait déplacer le tout mais avec la mauvaise personne d'où une certaine irritation dans les chefies locales qui ont ralenti l'organisation de "tradiçao". Bref après moult palabres et négociations, nos amis ont accepté de venir s'adresser aux esprits le 21 avril dernier.
Pour que la cérémonie se déroule bien, il nous a fallu fournir 6 litres de vin rouge, 48 bières, 48 sodas, 1 litre de whisky, 1 litre de tontone (une eau de vie locale qui fait tourner la tête rien qu'en l'humant), 1 kg de farine de maïs, 1 paquet de cigarettes et 1 boîte d'alumettes.
Tout le monde est arrivé à 10h et après une visite des lieux nous nous sommes installés sous le plus gros arbre de la propriété, un maçanica qui produit de jolies mini-pommes dont nous faisons de bonnes confitures, pour invoquer les esprits. Le Curandero, le médecin traditionnel, procède aux offrandes: il mélange un peu de chaque alcool et de sodas dans un ordre bien défini dans une noix de coco, boit un peu de ces breuvages à chaque fois, y ajoute de la farine, étend un morceau de tissus blanc sous l'arbre, allume deux cigarettes qu'il place de chaque côté du tissus, ajoute aussi une pièce et deux billets, verse le reste du breuvage sur l'ensemble et parle, parle parle aux esprits... à la fin tout le monde appplaudit et les deux femmes présentent chantent et poussent des cris. Plutôt impressionant tout ça. La cérémonie est finie. Tout le monde se déplace vers la table couverte de boissons et finit de célébrer "tradiçao" à grands renforts de bière et de whisky.
C'est fini. Tout le monde s'en va, un peu plus gai qu'en arrivant, en nous assurant du fait que nous faisons désormais partie de la communauté et que si les esprits venaient à nouveau perturber notre paix, ils viendraient leur parler encore. (in english after the pictures)
Here is a nice story. It reminds us that even though the country is on a development and modernization path, Mozambique still is an African country where traditions are strong and where the people make sure they are still alive.
Here, the inauguration of a house doesn't only mean organizing a party with friends. Before living in a place and in order to make sure you'll live happily there, you need to chase the bad spirits and call for the good ones to come and protect the land, the buildings and the people who will live and work there. The best thing to do would be to proceed with this ceremony called “tradiçao”, before starting building. We didn’t do it when we started because we didn’t have the time but also, most probably, because we were a bit skeptical.
We should have listened to the locals! A few problems we had to face last year and when we came back from France in March, reminded us this is not a land where you play games with the spirits. Our employees as well, tired of seeing us fighting the bad luck, pushed us to call for protection on our lives.
The ceremony brings together the chief of the area (he has a few administrative powers but most of all he is the one who knows all the people in the area, their history, the land and how it is transmitted… a kind of a tribal chief), the traditional doctor of the area who is going to talk to the spirits and another 15 people whose responsibilities are still a bit unclear! As we discovered during the organization of the ceremony, it is very important to make sure you’re involving the right persons: during the construction, we found some human bones on the land. We had to move them to somewhere else, with another ceremony, but apparently calling the wrong chiefs which caused a bit of a problem with the ones we should have called and slowed down the organization of “tradiçao”. After many talks and negotiations, everybody finally accepted to come on Saturday the 21st of April to talk to the spirits.
For the ceremony to be efficient, we had to bring in 6 liters of red wine, 48 beers, 48 sodas, 1liter of whisky, 1 liter of tontone (a local aquavit that makes you dizzy only by the smell of it), 1kg of maize flour, 1 packet of cigarettes and 1 box of matches.
Everybody arrived at 10 am and after a guided tour of the property, we all sat under the biggest tree of the land, a macaniça that produces tiny little apples of which we make a great jam, to talk to the spirits. The Curandero, the traditional doctor, proceeds with the offers to them: in the shell of a coconut, he mixes a bit of each alcohol and sodas in a precise order, has a sip of each mixture, adds maize flour to it, lays a piece of white cloth on the ground, lights up 2 cigarettes that he places on each sides of the cloth, puts a coin and 2 notes on the cloth, drops the rest of the mixture on it and talks, talks and talks to the spirits… at the end, everybody claps his hands and the two women in the crowd sing and scream. All this is a bit impressive. The ceremony is finished. Everybody moves to the table covered in drinks and ends the celebration with more than a few drinks.
It’s over. Everybody goes, a bit happier than he came, assuring us that we are now part of the community and, should the spirits come and give us troubles again, they would come and talk to them another time.





Enfin… après deux ans ici, à ne rouler que sur la N1 vers Maputo et Johannesburg et après une année bien chargée, marquée par moult péripéties dont la plus délirante fut ma mise
à pieds de la guest house (cf épisode précédent : mes nouvelles fonctions au Zombie Cucumber) par un inspecteur du travail m’ayant déclarée travailleur illégal là-bas (en très bref, en tant
qu’étrangers nous avons droit à un permis de travail pour une compagnie et un lieu et n’avons pas le droit d’avoir une autre activité, même si elle n’est pas salariée !), nous prenons enfin
des vacances bien méritées. Nous chargeons notre nouvelle voiture (200000km au compteur c’est presque neuf ici !) et nous voilà partis à la découverte du pays, direction le Nord. Plutôt
qu’un récit détaillé de voyage, voici un petit résumé des impressions recueillies et des faits marquants de ce voyage. D’avance toutes
bière nationale du Malawi /
national Malawian beer
là où la route s'arrête / where the road ends
Un Baobab: la légende veut qu'un jour, Dieu, très énervé parce que les habitants d'un village avaient mangé tous les fruits d'un arbre, le prit et le replanta la tête dans la terre.
depuis, cet arbre pousse avec les racines vers le ciel.
Les baleines sont passées en nombre. Comment raconter l’émotion de la première fois où j’ai pu regarder
des baleines à bosses d’une 15aine de mètres évoluer à 10 mètres a peine du bateau et rester avec nous une bonne dizaine de minutes…. Il y en avait trois. Elles étaient tout près.. Et j’en avais
les larmes aux yeux.
Et puis, nous avons aussi eu droit à un festival de dauphins...
de raies mobula…
de raies manta...
Bref, il fait froid, mais ça vaut le coup.
Le 1er septembre j’ai repris la gestion d’une
petite guest-house à Vilankulo : le Zombie Cucumber.
Les propriétaires ayant décidé de rentrer
pour quelques mois en Angleterre, j’en prends la tête ! C’est tout petit (4 bungalows pour 2 personnes et un dortoir pouvant abriter 9 personnes), super joliment agencé autour d’un très joli
jardin avec piscine.
Le principe est un peu celui d’une maison
d’hôtes en France : on propose des petits déjeuners et le soir, tout le monde dîne à la même table en ayant choisi parmi les 2 ou 3 plats proposés chaque jour.
Je tiens les comptes, je gère l’ensemble et je
fais la cuisine… Si vous voulez m’envoyer votre best of en matière de recettes, je suis preneuse !
Jolie petite maison, nettement plus confortable que la précédente… manque la vue sur la
mer ! Mais la plage est à deux pas… et je m’y rends assez souvent pour promener les chiens.
et Piou Piou/Zoltane… la nouvelle famille.
(vu de la plage)
(vu de la rue)
(le super marche qui appartient au
maire!)
3 semaines à Paris : courir, manger et … repartir avec 5 kg de plus et une frustration énorme : celle de ne pas avoir pu voir ou pi parler avec la plupart d’entre
vous…