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Quelques nouvelles de ma retraite Mozambicaine.
J’ai commencé à écrire certains des articles en juillet, mais la saison a été chargée et les évènements s’étant un peu précipités ici (au pays de la lenteur extrême c’est tout dire !) j’ai
été obligée d’interrompre.
De courts récits, pas forcement d’actualité, qui restent une petite fenêtre sur ma vie en Afrique.
Un hiver a Vilankulo…
Pendant que vous essayez de bronzer sur les plages italiennes, espagnoles ou de la côte d’azur, nous on entre dans l’hiver.
Ça commence mi-juin… tout doucement la température extérieure commence à descendre… si dans la journée
c’est encore agréable, dans les 24-25 degrés, l’hiver se fait surtout sentir la nuit (la température descend jusqu'à 12 degrés… retour de la couverture en poil de chien sur le lit !) et dans
l’eau. De juin à août, on est arrivés petit a petit aux 22 degrés.
Je peux vous assurer que lorsque l’on plonge pratiquement tous les jours et que l’on veut rester entre 50 et 60 minutes sous l’eau, c’est froid… très très froid.
Alors on prend des précautions. Cf. photo ci-dessous pour la collection automne-hiver.
Tres tres seyant... mais tres tres recommande!
Ceci dit, l’avantage par rapport à Paris c’est que ça ne dure pas trop trop longtemps (un peu trop longtemps à mon goût cependant !)… on est mi-novembre et c’est terminé. La température en
ce moment est de 37 degrés à midi ! Adieu la grosse combi… retour des petits hauts un peu plus fashion.
La faune en hiver.
Bon ok, l’eau est plus froide et les plongées sont un peu moins confortables mais sortir en mer vaut quand même la peine… cette année fut magique.
Photos à l’appui…
Les baleines sont passées en nombre. Comment raconter l’émotion de la première fois où j’ai pu regarder
des baleines à bosses d’une 15aine de mètres évoluer à 10 mètres a peine du bateau et rester avec nous une bonne dizaine de minutes…. Il y en avait trois. Elles étaient tout près.. Et j’en avais
les larmes aux yeux.
Encore mieux… au cours d’une plongée sur le reef sur lequel nous plongeons le plus, une de ces petites bêtes est passée au-dessus de nos têtes. Elle n’est pas restée longtemps mais s’est avancée tout doucement, a baissé une énorme tête, a donné un bon coup de queue et a disparu dans le bleu ! Inoubliable.
Et puis, nous avons aussi eu droit à un festival de dauphins...
de raies mobula…
de raies manta...
Bref, il fait froid, mais ça vaut le coup.
De la combi au tablier…
Et voilà, puisque ma nouvelle vie en tant que plongeuse ne me suffisait plus et que j’en avais marre de
ma grosse combinaison de plongée pas sexy, j’ai décidé de mettre la combi au placard et de la troquer contre un tablier de cuisine.
Le 1er septembre j’ai repris la gestion d’une
petite guest-house à Vilankulo : le Zombie Cucumber.
Les propriétaires ayant décidé de rentrer
pour quelques mois en Angleterre, j’en prends la tête ! C’est tout petit (4 bungalows pour 2 personnes et un dortoir pouvant abriter 9 personnes), super joliment agencé autour d’un très joli
jardin avec piscine.
Le principe est un peu celui d’une maison
d’hôtes en France : on propose des petits déjeuners et le soir, tout le monde dîne à la même table en ayant choisi parmi les 2 ou 3 plats proposés chaque jour.
Je tiens les comptes, je gère l’ensemble et je
fais la cuisine… Si vous voulez m’envoyer votre best of en matière de recettes, je suis preneuse !
Nouvelle maison… nouvelle famille !
Avec la guest house, nous avons du déménager pour habiter sur les lieux.
Jolie petite maison, nettement plus confortable que la précédente… manque la vue sur la
mer ! Mais la plage est à deux pas… et je m’y rends assez souvent pour promener les chiens.
CHIENSSSSSSS.
Eh oui… en plus de notre magnifique husky, nous avions déjà
récupéré au centre de plongée un chien en mal de famille, Villain… et il y en a deux de plus à Zombie.
4 chiens donc, qui cohabitent dans la joie et la bonne humeur avec le chat que nous avions récupéré pour faire la chasse aux rats au
centre de plongée.
Et voici Huxley (le husky), Fred (le petit noir), Villain (le
petit brun), Molly (la princesse des lieux)...
et Piou Piou/Zoltane… la nouvelle famille.
Terrain… enfin !
Et dans la série « on s’embourgeoise » nous sommes enfin, après 14 mois de procédure, les heureux propriétaires d’un sublime terrain sur la plage.
L’objectif est d’y implanter le centre de plongée et d’y faire une maison pour nous.
14 mois de procédure ? Eh oui… acheter au Mozambique et à un cow boy sud africain, ça fait deux bonnes raisons d’être très très prudents.
Je vous passe le nombre d’histoires que nous avons entendu à propos de personnes qui avaient acheté un
terrain déjà vendu 3 fois ou non constructible, ou non vendable car il s’agit d’un site archéologique… Si je vous dis qu’il a fallu 4 mois au « propriétaire » pour nous montrer
l’équivalent d’un titre de propriété, vous comprenez mieux pourquoi nous avons décidé d’être ultra prudents. Et si j’ajoute que le terrain lorsque nous l’avons vu la première fois faisait un L,
que lorsque nous avons vérifié a la mairie, il avait perdu le petit bout du L, que le vendeur nous annonçait 3500 m2, que la mairie nous fait signer un papier comme quoi il fait 1000m2 et que
après remesure avec la mairie il fait 4000 m2 ? Et voila… c’est l’aventure au Mozambique !
(vu de la plage)
(vu de la rue)
(vue imprenable sur l'archipel!)
Au final, tous les papiers sont en règle et le terrain fait bien 4000 m2… mais les voisins sont déjà en train de
construire une cahute dessus… maintenant, on est repartis pour quelques mois de tracasseries administratives pour sortir la cahute de notre terrain ! A l’heure où je publie cet article, les
choses se sont compliquées et il semblerait que nous soyons en train de nous faire couper une partie du terrain pas la Mairie. On va devoir se battre !
Elections ici et la.
On est en pleine période électorale ici. Ce sont les municipales…
Deux partis en lice : le FRELIMO, le parti du gouvernement, qui a fait la guerre d’indépendance et la RENAMO qui s’est opposée au FRELIMO pendant la guerre civile. Le premier est (était)
communiste et soutenu par les Russes et les Chinois ; le deuxième, soutenu par les Sud-Africains, les Etats-Unis et tout le tintouin.
Difficile de comprendre les différences idéologiques qui les séparent aujourd’hui, la Frelimo, toute communiste qu’elle était, ayant ouvert le pays aux capitaux étrangers, à la libre entreprise
etc. A priori, d’après ce que je comprends, il s’agit plus d’une lutte de générations. La Frelimo étant soutenue par toutes les personnes qui ont encore en mémoire les années de lutte contre les
portugais ; la Renamo plutôt soutenue par des plus jeunes, qui en ont assez d’être gouvernés par des gens qui pensent plus à s’en mettre plein les poches qu’a développer le pays. Un peu
sommaire tout ça… désolée mais mon niveau de portugais ne me permet pas encore de lire les journaux et de vous donner une analyse un peu plus précise de la situation. Ici à Vilankulo, la partie
est gagnée d’avance par le maire – M. Suleimane – qui dirige la ville depuis 8 ans. Il est soutenu par le Frelimo. Le représentant de la Renamo semble n’avoir aucune chance.
(le super marche qui appartient au
maire!)
Pas d’instituts de sondages ici… le mètre de mesure ce sont le nombre de voitures qui se promènent en ville couvertes d’autocollants a l’effigie de l’un ou l’autre candidat, de l’un ou l’autre
partie et le nombre de voitures qui constituent les convois qui sillonnent la ville a grands renforts de cris et de klaxon.
Plus on en a plus on a de chances de gagner !
(le taxi local)