Partager l'article ! Paris quand on y revient / Coming back to Paris: Encore et toujours, ce qui frappe, c’est la beauté de la ville, même sous la plui ...
Encore et toujours, ce qui frappe, c’est la beauté de la ville, même sous la pluie (les dix premiers jours), même dans un froid de canard (les dix derniers jours) !
Les stimulations incessantes à lire, s’informer, se cultiver… j’avais oublié à quel point il peut être difficile et excitant de choisir le prochain film que l’on va aller voir quand il y en a 12 qui sortent en salle la même semaine et le plaisir que l’on peut prendre à regarder les livres s’étaler dans une librairie avant de choisir ceux que l’on va emporter pour la prochaine année de lecture. En 3 semaines j’ai réussi à aller voir 3 films… pas mal, mais frustrant. Il y en a tellement d’autres que j’aurais voulu voir, sans compter les pièces de théâtre, un opéra, un spectacle de danse et une expo… mais, dans la mesure où notre activité principale quand on rentre semble être de festoyer autour de banquets généreusement préparés par nos familles et amis, entre une digestion et l’autre on a du mal à bouger.
Festoyer… parlons-en donc un peu.
Ce qui nous a le plus frappés lors de ce retour ce ne sont pas les allures parfois un peu dingues des gens dans la rue (vue d’ici, où la mode se résume à un tee-shirt , un pantalon et aux nouvelles tongs, la mode à Paris c’est un peu l’espace), des formes nouvelles de voitures (mais que font les constructeurs… ça ne bouge pas !) ou de nouveaux bâtiments ou moyens de transport.
Non, ce qui nous a le plus marqué, c’est LA BOUFFE… la place qu’elle prend et le rapport paradoxal que les français semblent avoir à la nourriture.
C’est la crise mais les restaurants sont pleins. Tellement pleins qu’ils en sont à 2 ou 3 services et que les serveurs ne vous laissent même pas le temps de savourer ce que tous ces nouveaux chefs, nouvelles stars des médias semble-t-il, vous ont préparé. Ils poireautent devant votre table en vous faisant clairement comprendre qu’il faut se dépêcher d’avaler sa dernière cuillère de fondant aux poires et glace à la réglisse pour laisser la place aux autres. Dommage… nous avons testé quelques uns de ces nouveaux bistrots à la cuisine plutôt inventive et aurions bien aimé en profiter plus.
La bouffe s’étale dans la rue à travers les vitrines de tous ces nouveaux « délis », traiteurs et autres petits magasins de quartier qui ne vendent plus de la nourriture mais des œuvres d’arts, tellement belles que ça crève le cœur de les manger.
Dans les supermarchés, les choix sont innombrables et la même marque de biscuits s’étale en infinie variété devant vos yeux. Le seul problème est qu’il semble désormais nécessaire d’avoir fait polytechnique pour réussir à déchiffrer les packagings. J’ai quitté la France au moment où l’on ajoutait de tout partout – des anti-oxydants, des vitamines, des omégas de toutes sortes – ; 5 ans après on enlève tout de tout –sans sucre, sans sel, sans OGM, sans paraben, sans graisses ajoutées… sans goût ? Les rayons sont pleins de plats tout préparés et de barres chocolatées mais aux caisses, ces petites choses au chocolat qui donnaient mauvaise conscience mais apportaient un peu de plaisir après avoir sillonné les allées d’un hyper marché ont été remplacées par des petits paquets de bouffe « bonne conscience », j’ai nommé les N.A ! « Nature addicts », la pause 100% fruit (ah qu’elle était bonne l’époque de la pause kit kat où l’on ne se disait pas qu’il allait falloir courir 500 mètres pour se punir d’avoir mangé du chocolat !).
Il a fallu que j’essaie tant j’ai été époustouflée par cette trouvaille marketing. J’ai choisi la variété « Pépites orange, cranberry, sans sucres ajoutés, sans édulcorants et sans conservateurs » et ai dégusté de minuscules pâtes de fruits sans saveur et sans plaisir… forcément ! le dos du paquet m’informe que la composition du produit ce sont 49% de jus de pommes et 42% de purée de pommes ! so long pour les oranges et le cranberry ! trop forts ces chefs de produit ! Mais au moins, c’est sûr, après ça, pas besoin de se faire du mal pour éliminer.
Rapport paradoxal disais-je ? restaurants pleins et étalages insensés de nourriture partout… et en même temps « la bouffe tue ». Cf cette couverture du Nouvel Obs qui fait froid dans le dos. Alors on fait quoi ? on mange ou on mange pas ?
Apparemment on mange quand même et la raison pour laquelle on le fait, d’après un article paru dans le ELLE fin février, est que la nourriture pourrait être la dernière forme de consolation de personnes en mal de repères et que prendre part à un repas avec des amis en ces temps de crise est une nouvelle forme de lien social… j’aime mieux ça que de me dire que à chaque fois que je vais déguster quelque chose je risque d’attraper une maladie mortelle. Lucullus revient parmi nous… ils sont devenus fous !
En parlant de lien social, la deuxième chose qui nous a fortement marqués est le lien virtuel permanent. Eh oui, vous ça vous paraît sans doute normal d’être en permanence devant un écran d’I-phone, d’I-pad, de E-book ou autres… mais nous ça nous a fait un drôle d’effet de voir tous ces gens les yeux scotchés à leur écran et qui ne lèvent même pas la tête pour voir qui s’est assis en face d’eux dans le bus ou au restaurant. Dans « Jusqu’au Bout du Monde », en 1991, Wim Wenders montrait des images qui m’avaient semblées irréelles et plutôt effrayantes à l’époque, de personnes qui communiquaient, d’un bout du monde à l’autre, en visioconférence, via de mini-écrans… et bien vous y êtes, semble-t-il. Ici, les gens continuent à s’asseoir sous les baobabs !
As usual, what hits you is the extreme beauty of the city, even in the rain (the first 10 days), even when it’s bloody cold (the second 10 days)!
What hits you as well is the incredible stimulation to seek for information, for culture… I had forgotten how difficult it can be to pick up the movie you want to go and see when you have 12 new ones coming out every week or the pleasure you can have in a library when you’re staring at so many books and have to choose the ones you’ll bring for a year of reading. In 3 weeks I managed to go 3 times to the movies. Not too bad but still frustrating. There are so many others I would have loved to see and so many other things I would have loved to do (dance performance, opera and theatre). But as our main occupation when we’re there seems to be sharing fantastic meals prepared with love by family and friends, we spend most of our time digesting between a meal and the next one hence don’t do much.
Let’s talk about this permanent feast!
Back in Paris after a year, what really hit us hasn’t been the crazy appearance of some people in the streets (coming from a place where fashion is limited to a T-Shirt a pair of trousers and the very last flip-flops, fashion in Paris really is surprising), or the new shapes for cars (actually there is nothing new there), or new buildings or means of transport.
What really hit us is FOOD… the space it takes in everyday’s life and the paradoxical relationship people seem to have with it.
Everybody complains about the recession but restaurants are full. So full that they do 2 to 3 turns every evening and don’t leave you the time to relish the very innovative meals that all these new chefs (who are apparently the new stars of the media) have prepared for you. Waiters stand by your table urging you to swallow that very last spoon of creamy pears and licorice ice-cream so that other people can have dinner. Very sad… we tried a few of these new “bistrots” where the cooking is pretty innovative and would have loved to have more time to enjoy them.
Food is all over in the streets and shows off in the windows of new “delis” and food shops that sell pieces of art made of food, so beautiful that it’s a pity to eat them.
In supermarkets, the choice is infinite and the same biscuit brand is declined in an endless variety. Too much choice. The only problem is that you need a degree in chemistry to be able to understand what is written on the packaging. When I left France they were adding stuff in everything (omega, anti-oxidants, vitamins and so on). Now it seems that food has to be free of everything: sugar free, fat free, paraben free, OGM free, salt free… taste free? On the shelves you can find a delirious amount of ready meals or any kind of chocolate but when you get to the tills, all these nice little chocolate things that were giving you a bit of comfort after a few difficult hours pushing a trolley in the alleys have disappeared. They have been replaced by horrible healthy things that are supposed to give you a certain peace of mind. I’m talking about the N.A.! « Nature Addicts », the break 100% fruit (ah… how much do I regret the times of the Kit Kat break when you didn’t have to punish yourself by running for 500 meters after eating something terrible !). I was so astonished by this new marketing invention that I had to try it. I chose the « orange-cranberry » variety, sugar free, swetener free, preservatives free, of course ! and tasted some very small fruit balls, taste free and pleasure free. The back of the pack gives me the explanation : this product is made of 49% of apple juice, and 42% of apple purée ! so long for the oranges and the cranberries. Special applause to the marketing managers. At least you can be sure you won’t have to suffer to eliminate after eating this.
I was mentioning a strange paradox…. Over crowded restaurants and food everywhere. In the meantime “Le Nouvel Observateur”, one of the main French weeklies, comes out with a cover that says « careful to what’s in your plate » and an article that states that basically everything you eat can potentially kill you. So what do we do? Do we eat or not?
It seems that French have chosen to eat and the reason why they continue eating, if we believe an article published in ELLE at the end of February , is that, in an era in which everybody seems to lose his markers, eating and sharing a meal with friends is a new form of social link. I’m relieved. I prefer this than to think that each and every time I’m going to eat something I can catch a fatal disease. Lucullus… please come back ! They’re all going crazy…
Talking about new social links… the second thing that really surprised us is the permanent virtual link in between people. It might be normal to you to see people who are always in front of a screen be it an I-Phone, an I-Pad, an E-book or anything else. But to us it was really weird to see all these people eyes glued to a screen who don’t even raise their head to see who just sat next to them in a restaurant or in the subway. In 1991, in a movie called “to the end of the world”, Wim Wenders did show some pictures of people who could speak together even being in complete opposite parts of the world, via mini-screens. That really looked totally unreal to me and quite scary… it seems you got there… here we keep sitting under the Baobabs!