Et voici enfin, pour ceux qui sont concernés/intéressés par la plongée, quelques histoires sur notre vie de plongeurs (merci à Denis, Charly et Jespah pour les
photos… certaines sont de moi aussi !)
Ça démarre à 6h00 du matin avec, généralement, un réveil un peu difficile. Ensuite, petit déjeuner…
A 7h00 le skipper (Crimildo) et son assistant (Isaac) arrivent.
On a 1h avant l’arrivée des clients pour tout préparer : emmener160 lt d’essence (8 jerricanes) sur notre super zodiac de 8m50 (rouge et jaune, un vrai cheval de feu !) ; préparer les bouteilles et tout le matériel pour les plongeurs qui rejoignent l’essence sur le bateau. Vers 7h20, Denis monte dans notre super landcruiser. Il va l’accrocher à la remorque sur laquelle le bateau a dormi et descend tout ça sur la plage pour la mise à l’eau du bateau. C’est parfois assez épique. On a même réussi à faire couler le bateau un matin (le bouchon qui sert à vider l’eau est tombé et le bateau s’est rempli d’eau… 1h00 pour le remonter et le vider avec l’aide de 15 personnes sur la plage). Moi, pendant ce temps, je prépare les combinaisons et rend le club présentable (en bref, je fais la vaisselle et balaye !!!).
Les premiers clients arrivent à 8h00. Essayage de palmes et de combinaisons, signature des décharges de responsabilité, encaissement de l’argent (très très important ça !) et vers 8h30 (si on n’a pas eu de galères avec le bateau) c’est parti ! Tout le monde en combinaison pour éviter de se faire tremper pendant un trajet qui peut parfois être assez aventureux (disons que ça ressemble assez souvent à du rodéo !).
Arrivée sur l’île de Bazaruto : on dépose ceux qui ne veulent faire que du snorkeling ou visiter l’île et on briefe les plongeurs. Première plongée. Retour
pour le déjeuner sur Bazaruto.
Deuxième plongée. Retour à Vilanculos vers 15h30…
la valse du
bateau recommence pour le remonter vers ses quartiers de nuit cette fois. Et ensuite c’est le rinçage du matériel, le gonflage des bouteilles, raccompagner le staff chez eux, remplir les
jerricanes pour le lendemain, remplir les log books du bateau, du compresseur et faire les comptes… Vous croyiez que c’étaient des vacances ???!!!!!!!!!!!
Ceci dit, le jeu vaut la chandelle…
Les plongées sont magnifiques et les environs parmi les plus beaux paysages
que j’ai vu de ma vie.
Quelques mots plus précis sur la plongée…
Il n’y a que 2 clubs de plongée à Vilanculos et nous emmenons chacun, un maximum 8 plongeurs par jour sur les sites (nous en avons plus souvent 4/5 que 8)… conséquence : nous ne sommes pas vraiment gênés par les bulles des autres et par les bruits de banger ou shakers que les dive-master affectionnent tant ! on est vraiment au royaume de la plongée-exploration ! Du coup, les poissons ne sont absolument pas timides.
On plonge au milieu de gros bancs de poissons chirurgiens sans qu’ils ne bougent ; on peut se poser sur le sable à côté de grosses raies pastenague
(ribbontail) qui ne s’envolent pas dès qu’elles nous sentent ; nager avec les tortues ; admirer d’énormes mérous (au moins 1m50) qui s’amusent à nous suivre pendant toute une plongée et
n’imaginent même pas une seconde aller se cacher sous un rocher à notre approche ou s’amuser avec des platax qui viennent danser avec Denis pendant le « safety stop ».
De tout, c’est ce qui me plait et me surprend le plus ici… se trouver si près des poissons que l’on peut en admirer les moindre détails.
Nous plongeons surtout sur deux sites qui sont extrêmement différents et pleins de surprises :
un reef assez étendu qui s’appelle « 2 mile reef » : peu profond (descend de 5 à 22 mètres), très différent du nord au sud et très
« poissonneux ». Sur ce reef on peut à peu près tout voir, de la plus petite créature marine à la plus grosse. Je suis tombée sur de très intéressantes et jolies « wrasse »
juvéniles (désolée mais je ne connais le nom de certains poissons qu’en anglais !!! c’est nul !!!!), j’ai vu les plus petits nudibranches mais me suis aussi trouvée face à un requin
baleine ! J’ai pu admirer 7 raies mobula (comme des mantas mais en petit) nageant en formation autour de nous pendant 2 minutes et ai découvert un poisson feuille derrière un rocher. A peu
près tous les jours, nous tombons sur des tortues (au moins deux espèces différentes), des requins (très beaux et assez gras pointe-blanche, requins de récif gris) et des raies (5/6 espèces
différentes traînent sur le reef). De temps en temps nous avons aussi de belles surprises : j’ai déjà parlé du requin baleine ; nous sommes aussi tombés sur un requin vraiment bizarre
(et magnifique) sorte de croisement entre une raie guitare et un requin baleine (forme de la raie guitare et taches du requin baleine) qui serait, d’après un de nos plongeurs qui a fait des
recherches approfondies sur le net pour le retrouver, une raie guitare à bouche recourbée ; une sublime et énorme « honeycomb stingray » (une raie blanche décorée de motifs
géométriques noirs) dont la queue mesurait au bas mot 2,5 mètres. Et un jour où j’ai décidé de sauter un peu plus loin du reef que d’habitude, 2 requins taureau nous attendaient sur le fond de
sable ! Nous avons aussi trouvé notre premier « frog fish », un poisson vache, des poissons crocodile… et depuis mi-juillet, le chant des baleines nous accompagne à chaque plongée…
que dire de plus ! c’est sublime…
- Le deuxième endroit où nous plongeons (pas assez souvent à mon goût) est « cabo sao sebastian ». Au-delà de la baie, en plein océan, des patates
immergées sur lesquelles nous nous rendons à coup de GPS. Profondes (vont de 15 m à 35 m). Les conditions peuvent y être assez difficiles du coup nous n’y allons qu’avec des plongeurs
expérimentés. On peut y voir plus de « gros » : des raies manta, de gros requins (2 personnes qui ont plongé avec nous ont eu assez de chance pour voir un requin marteau) et les
plus gros mérous que j’ai jamais vu… un machin de 2 mètres, très gras, qui a joué avec nous pendant toute une plongée et a essayé d’avaler l’appareil photo qui pendait au bras d’un de nos
plongeurs !
En nous rendant sur les sites, il nous arrive assez souvent (pratiquement tous les jours en ce moment) de tomber sur des dauphins qui jouent avec le bateau. Un
jour où nous sommes allés sur Sao Sebastian avec l’un des meilleurs amis de Denis – Charly – et 2 clients, à l’approche du site où nous voulions plonger, nous avons assisté à une vraie chasse
sous-marine : des marlins sautaient dans les airs, des bonites partout et une cinquantaine de dauphins autour du bateau. On ne savait plus comment se mettre à l’eau. Malheureusement ils se
sont évanouis dès que nous avons sauté… mais ça reste un souvenir exceptionnel.
Et voilà… que dire de plus. En 3 mois ici, j’ai fait quelques unes de mes plus belles plongées.
Les petits points négatifs :
- En ce moment, l’eau est si froide (24°) que je plonge avec 1 combi longue de 5 mm sur laquelle je rajoute un shorty de 5 mm… J’ai un peu l’impression d’être une saucisse avant de me mettre à l’eau et sous l’eau je me sens comme un ballon de baudruche. Il paraît qu’en novembre/décembre l’eau remonte à 29°. J’ai hâte de pouvoir remettre une combi de 3 mm.
- Les conditions à la surface sont parfois un peu difficiles et il nous arrive de nous mettre à l’eau au milieu de grosses grosses vagues. Du coup, on est obligés de plonger en traînant derrière nous une énorme bouée pour que le bateau puisse nous suivre pendant que nous sommes là-dessous et nous repérer à la surface quand nous remontons. Et généralement, c’est moi qui traîne le machin. C’est assez inconfortable et ça a drastiquement fait grimper ma consommation d’air. Je m’améliore un peu mais au début ça a été un peu difficile : je me suis retrouvée coincée dans la corde de la bouée ; il m’est arrivé de me retrouver à 50 bars avant mes plongeurs (ça ça craint !!!) et le pire c’est de ne pas pouvoir gérer sa flottabilité parce que les vagues en surface me font monter et descendre… un bonheur !
Mais finalement, tout ça n’a aucune importance, tellement la beauté des lieux, en surface et sous l’eau, nous fait oublier tous ces petits désagréments.
Alors, ça vous tente ?